Posté le 18.06.2020

Urbanisme et genre : résultats de l’enquête et vidéo de la conférence du 18 septembre 2019

En septembre 2019, une conférence sur l’urbanisme et le genre intitulée « Une ville faite par et pour les hommes? » a été organisée conjointement par la Bibliothèque de Vevey et la Direction de l’urbanisme, de la mobilité et du développement durable.

Dans le cadre de cette rencontre, un sondage a été réalisé sur les habitudes de déplacement à Vevey, le but étant d’identifier les enjeux liés au genre dans l’usage quotidien de l’espace public veveysan et générer ainsi une réflexion sur les pistes d’action à mettre en œuvre pour rendre la ville plus égalitaire.

241 personnes, dont 172 femmes âgées entre 35 et 44 ans (principalement des résident·e·s de Vevey), ont répondu à l’enquête.

L’étude des résultats du sondage révèle deux constats principaux :

  • Le sondage montre d’abord que les femmes sont significativement plus contraintes dans leurs déplacements du fait des obstacles urbanistiques que les hommes. Cette tendance, soit cette différence entre hommes et femmes qui ont répondu au sondage, est d’autant plus marquée si l’on considère uniquement les personnes en couple hétérosexuel ou les parents vivants seuls. Ces résultats sont à mettre en lien avec l’existence d’une charge logistique liée notamment à la responsabilité des courses et du transport de personnes dépendantes plus importante chez les femmes que chez les hommes pour cette catégorie de population.
  • Les résultats du sondage montrent également une différence significative entre les hommes et les femmes dans la manière d’appréhender l’espace urbain. S’il n’y a aucune différence entre les hommes et femmes dans la perception de l’espace public en journée, ce dernier est vu de manière significativement plus problématique en soirée par les femmes. Les femmes doivent en effet porter un effort conséquent dans leur manière d’appréhender l’espace urbain, chose que les hommes ont moins ou peu à faire ; 56% d’entre-elles évitent certains lieux en soirée et dans une proportion égale, ont des stratégies pour rentrer le soir (emprunt d’un itinéraire jugé « sûr », etc.). Elles sont également 41% à faire attention à leur habillement, alors que les hommes ne sont que 16% à y prendre garde. Finalement, les femmes sont clairement plus exposées aux comportements inadéquats que les hommes (37% d’entre elles contre 10% des hommes). Ces résultats peuvent aussi expliquer ces appréhensions et ces stratégies. En effet, cette « charge mentale » supportée par les femmes est reliée au vécu objectif de l’espace public ; les réponses sont significativement corrélées : plus les personnes vivent des comportements problématiques plus elles optent pour des stratégies (itinéraire, habillement, évitement).

    Dessins : Tami Hopf

Les résultats du sondage montrent, comme attendu et attesté par de nombreuses recherches, un effet du genre dans l’appréhension de la ville. Au niveau de l’urbanisme, l’amélioration de la qualité des lieux jugés anxiogènes en soirée et la réduction des obstacles liés à la mobilité contrainte sont les deux objectifs principaux à mettre en évidence.

Le rapport complet d’analyse du sondage est disponible en suivant ce lien.

Si vous avez manqué l’événement ou voulez revoir la conférence, la vidéo est disponible ci-dessous.

Projet/Planification lié(e):
Révision du plan directeur communal (PDCom)